Samuel Pintel

Il confie a 80 ans « avoir une dette de mémoire imprescriptible envers les 44 enfants d’Izieu, moi qui les connaissais tous et qui fus l’un des derniers à quitter en vie la colonie ».

Les enfants d’Izieu photographiés peu avant leur déportation en avril 1944. — © AFP Photo/HO

Tous furent envoyés au camp de Drancy puis déportés à Auschwitz-Birkenau et gazés dès leur arrivée. La Maison d’Izieu est devenue le Mémorial des enfants juifs exterminés, inauguré le 24 avril 1994 par François Mitterrand, le président français de l’époque.

« Je dois la vie à ma mère qui, lors de la rafle des Allemands à l’Hôtel des Marquisats, m’a brusquement lâché la main et poussé vers une femme, la seule non-Juive du groupe. Celle-ci a été très courageuse car elle m’a conduit à Chambéry au bureau de l’UGIF. Ce geste pouvait la mener au peloton d’exécution. Plus tard, je l’ai cherchée mais ne l’ai jamais retrouvée »

Parce qu’il a échappé de justesse à la rafle d’Izieu, il est devenu un brillant ingénieur en électronique. Celui qui aurait pu être le 45e enfant de la liste Barbie est un miraculé et il est convaincu comme nous de la nécessité du devoir de mémoire qu’il exerce continuellement auprès des jeunes collégiens et lycéens.

Notre association Nationale est là également pour transmettre.

Nous remercions Le Parisien pour son article paru le 24mars et la Maison d’Izieu pour ses photos.

Livre de Samuel Pintel « L’enfant d’Izieu » Ed. Harper Collins

Patrick Ourceyre Mémoires du Mt Valérien

CHOLET André, Jean, Amédée, alias LENFANT

Né le 27 novembre 1901 à Faverney (Haute-Saône), fusillé le 13 mai 1943 au Mont-Valérien.

À l’automne 1941, il dirigeait le service radio de la Confrérie-Notre-Dame du colonel Rémy. Il fabriquait des postes émetteurs-récepteurs utilisés par les « pianistes » du réseau, supervisait le trafic radio, le codage et le décodage des messages, la diffusion des questionnaires de recherche de renseignements.

Il fut arrêté le 23 ou le 25 mars 1942 par le contre-espionnage allemand. La perquisition de son atelier fut bâclée. Les juges militaires allemands qui le condamnèrent à mort le 9 avril 1943 le désignèrent comme « un membre très actif et très important pour le succès du réseau ».

À la Libération, André Cholet fut homologué au grade de capitaine le 15 mai 1947, Chevalier de la Légion d’Honneur le 22 Octobre 1946 et Médaillé de la Résistance le 31 Mars 1947.
Il repose au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), dans le carré des fusillés.

Cet homme courageux fusillé au Mont-Valérien mérite notre respect et fait désormais partie, comme de nombreux autres, de la mémoire de la clairière des fusillés.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

René Chabrier et Yvette Poucy

Le réseau Marco-Polo fait partie des 266 réseaux de renseignement ayant opéré en France durant la Seconde Guerre mondiale.

A Vichy, ses membres peuvent compter sur l’aide sans faille de plusieurs individus, parmi lesquels le commissaire de police Marc Juge, Mme Chabrol, Henri et Yvonne Moreau, ainsi que René Chabrier et sa compagne Yvette Poucy.

René Chabrier et Yvette Poucy vivent au 44 Avenue Paul Doumer.

Une de leurs missions consiste à identifier les fonctionnaires ou employés des ministères et administrations publiques les plus susceptibles de nuire à la résistance. Les renseignements recueillis par le couple et par les autres agents de Marco Polo sont ensuite regroupés, synthétisés puis envoyés à Lyon ou à Mâcon avant d’être transmis aux autorités supérieures de la Résistance à Londres.

Le 23 février 1944, Henry Moreau, René Chabrier et Yvette Poucy sont arrêtés par des agents français de la Gestapo.

Yvette Poucy connue sous le pseudonyme de « Civette » est transférée à la prison de Moulins et déportée en Allemagne à Ravensbruck. Elle est homologuée en tant que Résistante au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance). Elle décède le 7 février 1973 à Buzet-sur-Tarn.

René Chabrier est interrogé pendant plusieurs jours par la Sipo-SD de Vichy, avant d’être transféré à Moulins puis à Clermont-Ferrand. Le tribunal le condamne à mort ainsi que Marc Juge « pour espionnage au profit d’une puissance ennemie ». Il est fusillé par la Gestapo le 25 mars 1944. Il a été reconnu Mort pour la France Homologué FFC et DIR.

Ils sont moins connus et méritent de faire partie de la mémoire.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont Valérien

Philippe de Gaulle est mort à l’hôpital des Invalides, à Paris, le mercredi 13 mars.

Engagé dans la Résistance, amiral au sein de la marine française, il a également été sénateur de Paris pendant 17 années. Véritable passeur d’histoire, il a toujours entretenu le souvenir de son père et du gaullisme lors des cérémonies annuelles.

Ressemblant beaucoup à ce dernier, tant physiquement que moralement, c’est une personnalité marquante qui aura prochainement tous les honneurs d’une cérémonie aux Invalides. 

Sa dernière demeure sera auprès de ses parents et de sa sœur à Colombey les deux églises.

Nous nous associons à tous les hommages qui lui seront rendus.

Grand-croix de la Légion d’honneur
Grand-croix de l’ordre national du Mérite
Commandeur de l’ordre du Mérite maritime
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de l’Aéronautique
Ordre de la Guerre patriotique (URSS) 1re classe

Patrick Ourceyre Mémoires du Mt Valérien

Olga (ou Golda) Bancic dite Pierrette

Née le 10 mai 1912 est une résistante roumainejuive et communiste, soldate volontaire des FTP-MOI de la région parisienne.

Arrivée en France en 1938 après l’invasion de la France par les nazis en mai-juin 1940 et la rupture du pacte germano-soviétique le 22 juin 1941, elle confie sa fille en 1942 à une famille française et s’engage dans l’organisation clandestine Main-d’œuvre immigrée (MOI) des étrangers communistes et dans le mouvement de lutte armée de cette organisation, les FTP-MOI. Sous le pseudonyme de « Pierrette », elle est chargée de l’assemblage des bombes et des explosifs, de leur transport et de l’acheminement des armes avant et après les opérations. Elle a ainsi participé indirectement à une centaine d’attaques contre l’armée allemande menés par le groupe Manouchian.

Elle est arrêtée à Paris par les brigades spéciales (BS2), le 6 novembre 1943, en même temps que Marcel Rajman et Josef Svec.

Elle a été atrocement torturée au nerf de bœuf, est transférée en Allemagne le 19 février 1944, tandis que les vingt-deux hommes du groupe Manouchian sont fusillés le 21 février au fort du Mont-Valérien.

Incarcérée à Karlsruhe, puis transférée Stuttgart le 3 mai où elle y est guillotinée le 10 mai, elle avait trente-deux ans, décorée de la médaille de la Résistance.

Nous remercions notre partenaire le Souvenir Français pour cet hommage dans sa lettre du N° 92 de Mars 2024

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

Edmond Grethen

Il fait partie des 17 morts pour le France se trouvant dans la crypte du Mémorial de la France Combattante.

Peu connu, grande figure de la résistance indochinoise, il fût engagé volontaire, caporal, lieutenant et inspecteur en chef de la Garde indochinoise.

Homme d’exception il a combattu sur plusieurs fronts Alsace, Maroc, Algérie et Indochine.

Il y a de nombreuses années il participe à la défense des îles Paracels (Sud-est de Haïnan) pour empêcher le débarquement japonais sur cette enclave française.

En 9 mars 1945, il est fusillé par les japonais lors de l’attaque à Thakhek.

Mars 1952 :  à l’Arc de Triomphe, sa dépouille rejoint le territoire français et, au titre de son parcours exemplaire, il est choisi pour rejoindre la crypte du Mont-Valérien.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien.

Robert Birenbaum

Né le 21 juillet 1926 à Paris, il est maintenant parmi les derniers survivants résistant de la seconde guerre mondiale.

Juif polonais, membre des jeunesses communistes, il s’engage dans la résistance à l’âge de 15 après avoir échappé à la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942.

Sous le pseudonyme de Guy, il est notamment chargé du recrutement pour les FTP et sans le savoir à indirectement fréquenter Missak Manouchian.

 En août 1944 il participe à la libération de Paris où il est chargé d’organiser le soulèvement des 18e, 19e et 20e arrondissements de la capitale.

Le 18 juin 2023, il reçoit la Légion d’honneur des mains du président de la République Emmanuel Macron au mont Valérien. A cette occasion, il lui a dit « Vous savez, la médaille, je la prends, mais ce n’est pas pour moi. Je la prends pour mes copains, pour ceux qui ont été fusillés ici. C’est à eux qu’elle appartient, la médaille » rendant ainsi hommage à tous les FTP MOI morts pour la France.

Nous remercions le journal Le Figaro pour avoir publié un article sur ce résistant.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

MONT VALERIEN

Le 20 février, lors de la cérémonie en hommage à Missak Manouchianau au Mémorial de la France Combattante et avant sa panthéonisation, nous étions représentés par notre ami et adhérent fidèle Tanneguy Audic de Quernen titulaire de notre croix du Mérite. Il y a rencontré Jean Baptiste Romain Directeur du service départemental des Hauts-de-Seine et des Hauts lieux de la mémoire nationale en Ile-de-France.

Nous avons ainsi rendu également hommage à tous ceux civils ou militaires qui ont donné leur vie pour notre liberté.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont Valérien

Meyer Yves

Un hommage sera rendu le 19 février dans la cour des Invalides à ce valeureux résistant et déporté. Il est mort le 31 janvier, dans ses cent unièmes années.

Il a reçu la médaille de la Résistance française par décret du 15 octobre 1945. Également commandeur de la Légion d’honneur membre de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française. Né le 18 décembre 1923 à Paris, ce combattant de l’«armée des ombres » a tenu pendant de nombreuses années à témoigner auprès des jeunes de son parcours de résistant et de déporté.

En 1940, il refuse l’Armistice. Malgré ses 17 ans, il souhaite ardemment continuer le combat. En 1942, il est actif dans le sud-ouest dans le réseau Judith. Arrêté plusieurs fois il réussit toujours à s’échapper. Il gagne la Normandie où il devient chef régional d’un maquis. Il est arrêté le 3 juin 1944 sur dénonciation. Il connaît plusieurs prisons avant d’être transféré au camp de Compiègne. Il est déporté par le convoi du 2 juillet 1944, qui sera nommé le « Convoi de la Mort ».

Il reste peu de temps au camp de Dachau et est envoyé vers le camp de Neckargerach dans la vallée du Neckar, un ensemble de camps qui dépendent de Natzweiler-Struthof. Une épidémie de typhus se déclare en novembre 1944 qui décime les rangs des déportés. Il contracte le typhus puis une pleurésie. Il est transféré vers Osterburken où il est libéré par les Américains. Il a épousé une résistante, déportée de Ravensbrück, Nicole Clarence.

Souvenons nous de ce résistant de l’armée des Ombres.

Nous remercions le figaro du 10/02/24 qui nous a permis de publier notre article.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

ADOLPHE DIAGNE

Il est né le 17 octobre 1907 à Paris, il est décédé le 28 février 1985 à l’hôpital du val de Grâce à Paris

Le 26 août 1940, lors du ralliement du Tchad auquel il participe activement, il s’engage dans les Forces françaises libres à Fort Lamy. Il prend part en février 1942 à la première campagne du Fezzan avec la Colonne Leclerc.

Promu médecin-commandant en juin 1942, il participe à la seconde campagne du Fezzan, en août 1944, il rejoint le 1er Bataillon médical de la 1ère Division française libre. Il est blessé dès son premier jour de combat le 27 septembre 1944 par des éclats de mortier alors qu’il effectue une reconnaissance d’itinéraires.

Il termine la guerre avec le grade de médecin-commandant. Puis il recevra en 1963 ses étoiles de médecin-général.

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération – décret du 18 janvier 1946
  • Grand Officier de l’Ordre National du Mérite
  • Croix de guerre 39/45 (3 citations)
  • Médaille de la Résistance avec Rosette
  • Médaille Coloniale avec agrafes « AFL », « Fezzan »
  • Médaille Commémorative 39/45 avec agrafe « Afrique-Libération »
  • Officier de la Santé Publique
  • Officier de l’Etoile Noire du Bénin
  • Officier de l’Etoile Noire d’Anjouan

Souvenons-nous de ce médecin colonial militaire à la brillante carrière, Compagnon de la Libération.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien