
Il fut pendant des siècles un important lieu de pèlerinage chrétien, puis au milieu du XIXe siècle, un fort de la ceinture parisienne y fut construit.
Ses coteaux étaient occupés par des vignes et son sommet accueillait un calvaire, une église et un monastère, où les fidèles montaient à pied en signe de pénitence. Ce sanctuaire médiéval a été détruit sous Napoléon Ier, et le site a été transformé en camp militaire par Louis-Philippe, devenant l’un des seize forts de la ceinture parisienne, le seul à l’ouest de Paris
À partir de 1841, il a été fortifié pour protéger Paris. Le fort joue également un rôle stratégique pendant la Première Guerre mondiale, servant d’observatoire pour détecter les avions allemands
Puis il devient le lieu d’exécution des tribunaux militaires allemands du département de la Seine et plus largement, de ce que l’occupant désigne comme le « Gross Paris » (correspondant à peu près aux limites de l’actuelle région Île-de-France).
Dès l’automne 1940, la répression allemande fait ses premières victimes, mais la première exécution connue à Suresnes survient quelques semaines plus tard, le 23 mars 1941. Plusieurs peines capitales sont aussi appliquées dans d’autres sites du département de la Seine, comme Vincennes et Chatenay-Malabry, et le Mont-Valérien n’apparaît pas encore comme un lieu privilégié par les autorités allemandes.
C’est à partir de la fin du mois d’août 1941 que les autorités d’occupation semblent définitivement le choisir comme lieu d’exécution.
Les 26 et 27 août, cinq résistants communistes y sont fusillés. Le 29 août, ce sont trois gaullistes, Honoré d’Estienne d’Orves, Maurice Barlier et Jan Doornick, du réseau de renseignements « Nemrod », qui tombent face au peloton d’exécution allemand.
Les exécutions d’otages du mois de septembre 1941 y ont lieu puisqu’elles répriment des attentats commis à Paris par la résistance communiste.
Les prisonniers sont transportés en camions militaires dans l’enceinte du fort. Lors des exécutions massives, comme celles d’octobre 1943, certains étaient enfermés dans la chapelle désaffectée, où ils ont passé leurs derniers instants. Ils ont gravé sur les murs leur témoignage, en délivrant leurs ultimes messages. Pour tous, une fois arrivés à la clairière, un officier leur notifie en allemand la décision du tribunal qui les a condamnés ou l’ordonnance qui les a désignés pour être exécutés comme otages. Par petits groupes de 3 ou de 5, ils sont attachés mains derrière le dos aux poteaux, les yeux bandés s’ils le désirent. Le peloton procède à la mise à mort, parfois devant les camarades qui vont leur succéder. L’officier allemand donne le coup de grâce, puis un médecin militaire constate le décès.

Après les exécutions, les corps des fusillés étaient transportés vers différents cimetières de la région parisienne pour y être inhumés dans des fosses communes ou des tombes individuelles : essentiellement à Ivry-sur-Seine, mais aussi à Suresnes, Puteaux, Bois-Colombes, Thiais, ou encore au Père-Lachaise où ils étaient incinérés.
La dispersion et l’anonymat des corps, imposés par les forces d’occupation, avaient pour but d’éviter que ces sépultures ne deviennent des lieux de rassemblement et des symboles du martyr de la Résistance.
Nous remercions Les Chemins de Mémoire de nous avoir permis de publier cet article concernant l’histoire de ce Haut lieu de Mémoire.
Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien











































