Caen, 6 juin 1944

Ce jour-là, la Gestapo perpétue un crime de guerre atroce en représailles de l’annonce du Débarquement sur les côtes normandes. Des prisonniers de la maison d’arrêt de Caen sont massacrés dans les courettes de la prison. Le nombre de victimes, encore aujourd’hui imprécis, est estimé à environ 75 personnes. La plupart ont été incarcérés pour des faits de résistants, comme les membres du réseau Arc-en-Ciel arrêtés le 22 mai par les collaborationnistes connus sous le nom de « bande à Hervé ». Parmi les victimes, Colbert Marie, n’avait que 17 ans.

Voici son courrier écrit à ses parents avec son sang.

« Maman, j’ai été arrêté comme étant communiste par Fortier. Va le voir, explique-lui que je suis innocent, car j’ai reçu des coups de nerf de bœuf. S’il n’y avait pas Gisèle, je ne serais plus vivant. Dis à Roger de dire bonjour à tout le monde et à Kléber de venir avec l’Allemande de Littry et à Sobry de dire à Raymond de parler pour moi. Mille baisers à petite Gigi, Maman, Papa, Yolande et aux amis. À bientôt. Je suis innocent. »

Les corps sont ensuite déplacés le 30 juin pour masquer les faits. Ils n’ont jamais pu être retrouvés malgré les recherches entreprises. La liste complète des victimes fut également difficile à établir, la Gestapo ayant détruit les registres d’écrou.

A l’approche du 80éme anniversaire de la Libération, nous nous devions de rappeler ce douloureux événement. N’oublions pas ces malheureuses victimes de la sauvagerie des nazis.

Nous remercions les archives du Calvados pour nous avoir permis de publier cet article et ces photos.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

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