René Chabrier et Yvette Poucy

Le réseau Marco-Polo fait partie des 266 réseaux de renseignement ayant opéré en France durant la Seconde Guerre mondiale.

A Vichy, ses membres peuvent compter sur l’aide sans faille de plusieurs individus, parmi lesquels le commissaire de police Marc Juge, Mme Chabrol, Henri et Yvonne Moreau, ainsi que René Chabrier et sa compagne Yvette Poucy.

René Chabrier et Yvette Poucy vivent au 44 Avenue Paul Doumer.

Une de leurs missions consiste à identifier les fonctionnaires ou employés des ministères et administrations publiques les plus susceptibles de nuire à la résistance. Les renseignements recueillis par le couple et par les autres agents de Marco Polo sont ensuite regroupés, synthétisés puis envoyés à Lyon ou à Mâcon avant d’être transmis aux autorités supérieures de la Résistance à Londres.

Le 23 février 1944, Henry Moreau, René Chabrier et Yvette Poucy sont arrêtés par des agents français de la Gestapo.

Yvette Poucy connue sous le pseudonyme de « Civette » est transférée à la prison de Moulins et déportée en Allemagne à Ravensbruck. Elle est homologuée en tant que Résistante au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance). Elle décède le 7 février 1973 à Buzet-sur-Tarn.

René Chabrier est interrogé pendant plusieurs jours par la Sipo-SD de Vichy, avant d’être transféré à Moulins puis à Clermont-Ferrand. Le tribunal le condamne à mort ainsi que Marc Juge « pour espionnage au profit d’une puissance ennemie ». Il est fusillé par la Gestapo le 25 mars 1944. Il a été reconnu Mort pour la France Homologué FFC et DIR.

Ils sont moins connus et méritent de faire partie de la mémoire.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont Valérien

Philippe de Gaulle est mort à l’hôpital des Invalides, à Paris, le mercredi 13 mars.

Engagé dans la Résistance, amiral au sein de la marine française, il a également été sénateur de Paris pendant 17 années. Véritable passeur d’histoire, il a toujours entretenu le souvenir de son père et du gaullisme lors des cérémonies annuelles.

Ressemblant beaucoup à ce dernier, tant physiquement que moralement, c’est une personnalité marquante qui aura prochainement tous les honneurs d’une cérémonie aux Invalides. 

Sa dernière demeure sera auprès de ses parents et de sa sœur à Colombey les deux églises.

Nous nous associons à tous les hommages qui lui seront rendus.

Grand-croix de la Légion d’honneur
Grand-croix de l’ordre national du Mérite
Commandeur de l’ordre du Mérite maritime
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de l’Aéronautique
Ordre de la Guerre patriotique (URSS) 1re classe

Patrick Ourceyre Mémoires du Mt Valérien

Olga (ou Golda) Bancic dite Pierrette

Née le 10 mai 1912 est une résistante roumainejuive et communiste, soldate volontaire des FTP-MOI de la région parisienne.

Arrivée en France en 1938 après l’invasion de la France par les nazis en mai-juin 1940 et la rupture du pacte germano-soviétique le 22 juin 1941, elle confie sa fille en 1942 à une famille française et s’engage dans l’organisation clandestine Main-d’œuvre immigrée (MOI) des étrangers communistes et dans le mouvement de lutte armée de cette organisation, les FTP-MOI. Sous le pseudonyme de « Pierrette », elle est chargée de l’assemblage des bombes et des explosifs, de leur transport et de l’acheminement des armes avant et après les opérations. Elle a ainsi participé indirectement à une centaine d’attaques contre l’armée allemande menés par le groupe Manouchian.

Elle est arrêtée à Paris par les brigades spéciales (BS2), le 6 novembre 1943, en même temps que Marcel Rajman et Josef Svec.

Elle a été atrocement torturée au nerf de bœuf, est transférée en Allemagne le 19 février 1944, tandis que les vingt-deux hommes du groupe Manouchian sont fusillés le 21 février au fort du Mont-Valérien.

Incarcérée à Karlsruhe, puis transférée Stuttgart le 3 mai où elle y est guillotinée le 10 mai, elle avait trente-deux ans, décorée de la médaille de la Résistance.

Nous remercions notre partenaire le Souvenir Français pour cet hommage dans sa lettre du N° 92 de Mars 2024

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

Edmond Grethen

Il fait partie des 17 morts pour le France se trouvant dans la crypte du Mémorial de la France Combattante.

Peu connu, grande figure de la résistance indochinoise, il fût engagé volontaire, caporal, lieutenant et inspecteur en chef de la Garde indochinoise.

Homme d’exception il a combattu sur plusieurs fronts Alsace, Maroc, Algérie et Indochine.

Il y a de nombreuses années il participe à la défense des îles Paracels (Sud-est de Haïnan) pour empêcher le débarquement japonais sur cette enclave française.

En 9 mars 1945, il est fusillé par les japonais lors de l’attaque à Thakhek.

Mars 1952 :  à l’Arc de Triomphe, sa dépouille rejoint le territoire français et, au titre de son parcours exemplaire, il est choisi pour rejoindre la crypte du Mont-Valérien.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien.

Robert Birenbaum

Né le 21 juillet 1926 à Paris, il est maintenant parmi les derniers survivants résistant de la seconde guerre mondiale.

Juif polonais, membre des jeunesses communistes, il s’engage dans la résistance à l’âge de 15 après avoir échappé à la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942.

Sous le pseudonyme de Guy, il est notamment chargé du recrutement pour les FTP et sans le savoir à indirectement fréquenter Missak Manouchian.

 En août 1944 il participe à la libération de Paris où il est chargé d’organiser le soulèvement des 18e, 19e et 20e arrondissements de la capitale.

Le 18 juin 2023, il reçoit la Légion d’honneur des mains du président de la République Emmanuel Macron au mont Valérien. A cette occasion, il lui a dit « Vous savez, la médaille, je la prends, mais ce n’est pas pour moi. Je la prends pour mes copains, pour ceux qui ont été fusillés ici. C’est à eux qu’elle appartient, la médaille » rendant ainsi hommage à tous les FTP MOI morts pour la France.

Nous remercions le journal Le Figaro pour avoir publié un article sur ce résistant.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

MONT VALERIEN

Le 20 février, lors de la cérémonie en hommage à Missak Manouchianau au Mémorial de la France Combattante et avant sa panthéonisation, nous étions représentés par notre ami et adhérent fidèle Tanneguy Audic de Quernen titulaire de notre croix du Mérite. Il y a rencontré Jean Baptiste Romain Directeur du service départemental des Hauts-de-Seine et des Hauts lieux de la mémoire nationale en Ile-de-France.

Nous avons ainsi rendu également hommage à tous ceux civils ou militaires qui ont donné leur vie pour notre liberté.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont Valérien

Meyer Yves

Un hommage sera rendu le 19 février dans la cour des Invalides à ce valeureux résistant et déporté. Il est mort le 31 janvier, dans ses cent unièmes années.

Il a reçu la médaille de la Résistance française par décret du 15 octobre 1945. Également commandeur de la Légion d’honneur membre de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française. Né le 18 décembre 1923 à Paris, ce combattant de l’«armée des ombres » a tenu pendant de nombreuses années à témoigner auprès des jeunes de son parcours de résistant et de déporté.

En 1940, il refuse l’Armistice. Malgré ses 17 ans, il souhaite ardemment continuer le combat. En 1942, il est actif dans le sud-ouest dans le réseau Judith. Arrêté plusieurs fois il réussit toujours à s’échapper. Il gagne la Normandie où il devient chef régional d’un maquis. Il est arrêté le 3 juin 1944 sur dénonciation. Il connaît plusieurs prisons avant d’être transféré au camp de Compiègne. Il est déporté par le convoi du 2 juillet 1944, qui sera nommé le « Convoi de la Mort ».

Il reste peu de temps au camp de Dachau et est envoyé vers le camp de Neckargerach dans la vallée du Neckar, un ensemble de camps qui dépendent de Natzweiler-Struthof. Une épidémie de typhus se déclare en novembre 1944 qui décime les rangs des déportés. Il contracte le typhus puis une pleurésie. Il est transféré vers Osterburken où il est libéré par les Américains. Il a épousé une résistante, déportée de Ravensbrück, Nicole Clarence.

Souvenons nous de ce résistant de l’armée des Ombres.

Nous remercions le figaro du 10/02/24 qui nous a permis de publier notre article.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

ADOLPHE DIAGNE

Il est né le 17 octobre 1907 à Paris, il est décédé le 28 février 1985 à l’hôpital du val de Grâce à Paris

Le 26 août 1940, lors du ralliement du Tchad auquel il participe activement, il s’engage dans les Forces françaises libres à Fort Lamy. Il prend part en février 1942 à la première campagne du Fezzan avec la Colonne Leclerc.

Promu médecin-commandant en juin 1942, il participe à la seconde campagne du Fezzan, en août 1944, il rejoint le 1er Bataillon médical de la 1ère Division française libre. Il est blessé dès son premier jour de combat le 27 septembre 1944 par des éclats de mortier alors qu’il effectue une reconnaissance d’itinéraires.

Il termine la guerre avec le grade de médecin-commandant. Puis il recevra en 1963 ses étoiles de médecin-général.

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération – décret du 18 janvier 1946
  • Grand Officier de l’Ordre National du Mérite
  • Croix de guerre 39/45 (3 citations)
  • Médaille de la Résistance avec Rosette
  • Médaille Coloniale avec agrafes « AFL », « Fezzan »
  • Médaille Commémorative 39/45 avec agrafe « Afrique-Libération »
  • Officier de la Santé Publique
  • Officier de l’Etoile Noire du Bénin
  • Officier de l’Etoile Noire d’Anjouan

Souvenons-nous de ce médecin colonial militaire à la brillante carrière, Compagnon de la Libération.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

Germaine Berthe Sablon

Elle est née le 19 juillet 1899 au Perreux-sur-Marne et morte le 17 avril 1985 à Saint-Raphaël, chanteuse et actrice française et résistante durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1940 elle lutte contre l’occupant. En novembre 1942 elle quitte la France via l’Espagne et le Portugal pour rejoindre l’Angleterre où elle arrive en février 1943

Le 30 mai 1943, elle chante pour la première fois Le Chant des partisans.

Engagée dans la France libre, elle poursuit la guerre en tant qu’infirmière dans l’ambulance Hadfield-Spears et suit la 1re division française libre en Italie et en France.

Elle est décorée après la Libération de la médaille de la Résistance et de la croix de guerre, ce qui fait d’elle la plus décorée des chanteuses.

Le 28 mai 1951, aux Invalides, elle reçoit la Légion d’honneur des mains du général Edgard de Larminat, seule femme parmi beaucoup d’hommes présents ce jour-là.

Nous remercions notre partenaire le Souvenir Français pour son article sur cette résistante paru dans sa lettre N° 90.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

GUY CHAVENON

Né le 30 juin 1911 à Chantelle (Allier) il est décédé le 7 avril 1973

Dès le mois de juin 1940, répondant à l’appel du général de Gaulle, il essaye de quitter l’AEF pour gagner un territoire allié. Après deux tentatives infructueuses, il reste à Pointe-Noire où il lutte pour rallier la colonie à la France libre.

Désireux de rejoindre une unité opérationnelle, il doit patienter de long mois avant d’être chargé fin novembre 1941 de former, à Bangui, au sein de la Colonne Leclerc, le Groupe sanitaire de colonne n° 2 dont il prend le commandement. A son arrivée à Bangui en décembre 1941, Guy Chavenon est promu médecin capitaine.

Lors les combats de Tunisie, il se distingue, en tant que chirurgien, le 10 mars 1943, à Ksar Rhilane, pendant la contre-attaque de la 20e Panzerdivision en opérant sans relâche. Proche du général Leclerc, il en devient le médecin personnel.

En 1944, il effectue la campagne de Normandie A la fin du mois d’août, avec la 2e Division blindée, il entre dans Paris libéré. Il sera promu médecin général en 1966, il est nommé au même moment directeur adjoint du service de santé de la 9e Région militaire avant de prendre sa retraite à Vichy.

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération – décret du 7 juillet 1945
  • Croix de Guerre 1939-1945
  • Médaille des Blessés
  • Croix du Combattant
  • Croix du Combattant Volontaire
  • Médaille Coloniale avec agrafes « AFL », « Tripolitaine », « Tunisie »
  • Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
  • Officier de l’Ordre de la Santé Publique
  • Officier de l’Etoile Noire (Bénin)
  • Officier de l’Etoile d’Anjouan
  • Commandeur de l’Etoile des Comores

Gardons dans nos mémoires ce remarquable médecin militaire Compagnon de la Libération.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien