Arlette LANJON

Elle est morte, le mercredi 16 août 2023, à l’âge de 91 ans. Elle avait rejoint la Résistance en Normandie, en 1942, alors qu’elle n’avait que 11 ans. Elle était la dernière représentante encore en vie de la Résistance. 

Fille unique, elle avait rejoint ses parents dans la Résistance. À l’époque, la fillette cachait des faux papiers dans ses poupées, lors des perquisitions de l’occupant. 

Ses parents fabriquaient, entre autres, de fausses cartes d’identité et cachaient des tampons, des armes, des pains de plastic et du matériel parachuté par les Anglais, tels ces éclate-pneus que la jeune fille allait placer sur les routes, une nuit sur deux avec sa mère afin de bloquer les convois allemands.

Son témoignage :  « Nous avons eu, à plusieurs reprises, beaucoup de chance, comme le jour de cette fouille. A l’entrée de la pièce, il y avait mes jouets et mes poupées au sol. En voyant cela, Reinhardt a fait signe à ses hommes de ne pas fouiller là, et pourtant, c’est dans cette pièce au-dessus du plafond, que se trouvait le matériel de fausses cartes d’identité… A mon âge, j’étais surtout un agent de liaison. Les Allemands ne se doutaient pas qu’une aussi jeune fille puisse faire de la résistance », avait-elle expliqué le sourire aux lèvres.

Emmanuel Macron a dit à son sujet : « Le combat pour les valeurs de la France n’a pas d’âge. Sa mort nous engage à reprendre son flambeau de transmission« 

Cette résistante, tout comme notre regrettée Présidente Honoraire Lysiane Tellier a donc beaucoup témoigner sur son engagement dans la résistance auprès des écoles.

Notre association nationale continue de poursuivre ce travail de transfert de mémoire depuis de nombreuses années auprès de nos jeunes générations.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien.

MASSACRES OUBLIES

Le plus connu d’entre eux est bien entendu celui d’Ouradour sur Glane. Toutefois de nombreux autres sont souvent ignorés et seuls les villages, les départements, les communes en ayant été les victimes en ont gardé la mémoire.

                               Gouesnou, Maillé en Indre et Loire, Argenton-sur-Creuse.

Gouesnou : Le 7 août 1944 a eu lieu le massacre de civils le plus important de l’Ouest. En effet 42 personnes furent assassinées par des soldats du IIIème Reich Kriegsmarine. Ce jour fatidique les résistants des Forces françaises de l’intérieur (FFI) des frères Prédour, décident, en accord avec des parachutistes français largués dans le secteur trois jours plus tôt, de libérer la commune. A la suite de l’action des résistants, une cinquantaine de Gouesnousiens sont arrêtés et rassemblés devant le mur d’enceinte de l’église puis ils sont conduits vers Penguerec et sont rapidement massacrés.

Maillé : Des résistants sont présents, il s’agit du réseau Péan, dirigé par Henri Péan, le curé du village. Dans la matinée du 25 août 1944, des soldats de la Wehrmacht encerclent le bourg et repoussent toute personne cherchant à sortir ou à entrer dans le village. Dans le même temps, un groupe de Waffen SS pénètre dans Maillé. Là, maison après maison, ils tuent hommes, femmes, enfants, bébés et mettent le feu. Prenant le village en enfilade, ils massacrent toutes les personnes qu’ils aperçoivent. Ensuite, un bombardement dure une heure et demi et parachève la destruction de Maillé. Au total 124 victimes, faisant de Maillé le deuxième plus important massacre de population civile commis par les Allemands.

Argenton-sur-Creuse : le 9 juin 1944 soixante-sept personnes sont massacrées dont cinquante six civils, hommes, femmes et enfants, par la deuxième division SS « Das Reich ». Un mémorial aux martyrs a été érigé sur flanc de la colline du collège.

Nous nous devions de les mentionner afin que la mémoire collective s’en souvienne car peu de rescapés ont parlé de ces traumatismes ou sont encore en mesure de les rappeler.

De nombreux sites de ces lieux mémoriels sont sur internet et nous les remercions pour avoir permis de publier cet article.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

APPEL A BENEVOLES

Cérémonie annuelle du souvenir le 15 octobre 2023 à 15h00 au Mont Valérien dédiée au 80éme anniversaire de la 2éme DB.

Le président Alain Faber et moi-même avons un grand besoin de vous pour nous apporter votre aide dans l’organisation de cet événement :

1 – Sur l’esplanade :  Participer à la mise en place des divers éléments d’accueil et fournir l’assistance pour l’installation des divers groupes qui seront présents.

2 – Au Belvédère de la clairière des fusillés : Gérer les divers groupes devant s’y rendre, aider à leur installation et en assurer les mouvements.

Si vous êtes en mesure de participer activement, merci de bien vouloir communiquer vos noms et adresse mail à l’adresse suivante p.ourceyre@anmmv.eu, afin que nous puissions revenir vers vous le moment venu.

Par avance, nous adressons tous nos remerciements à ceux qui viendront nous prêter mains fortes pour assurer une parfaite réussite de cette importante cérémonie du souvenir.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

LES AUSTRALIENS – NEO-ZELANDAIS

Le centre Sir John Monash de Villiers-Bretonneux dans la somme retrace l’engagement de l’armée australienne et néo-zélandaise pendant la Première guerre mondiale.

Il est un centre commémoratif unique dans notre pays.

295.000 australiens et néo-zélandais ont donc participé au conflit en France et en Belgique.

Ce mémorial inauguré en 2018 se trouve en pleine campagne picarde et porte les noms de 11.000 d’entre eux disparus en France.

A côté se trouve donc le centre Sir John Monash qui raconte l’histoire de leur périple sur le front occidental.

L’ANZAC DAY commémore tous les ans (25 avril) leur souvenir et de nombreux australiens/néo-zélandais viennent spécialement en France où leurs ancêtres ont combattu.

Dans le centre de nombreuses interfaces multimédias font revivre paroles et témoignages des soldats.

Lorsque vous serait dans la région votre visite permettra d’entretenir la mémoire de ces lointains soldats venus libérer la France.

Adresse : Route de Villers Bretonneux, 80800 Fouilloy

Horaires : Lundi au dimanche10:00–17:00
Téléphone : 03 60 62 01 40   

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

70éme anniversaire du Bataillon de Corée

Ne les oublions pas.

Il y a soixante-dix ans, le 27 juillet 1953, un armistice officialisait la partition des deux Corées le long du 38éme parallèle après trois millions de morts en trois ans. Parmi eux 3 421 volontaires français, sous l’égide des Nations unies.

Eté 1953, les français tiennent face à l’offensive communiste qui déferle sur le Triangle de Fer.

Arrow Head sera pire que tout, les français reçoivent un pilonnage de 25 000 obus en 24h. Le vétéran artilleur OZWALD nous dit « Les chinois arrivent par centaines, ça tombe et ça continue. On a l’impression que nos armes sont inutiles ». 147 soldats du bataillon succombent et 144 sont blessés durant les trois jours de féroces combats. Ce fût un des faits d’armes héroïques du bataillon français.

Patrick Beaudoin, Président de l’association des anciens de Corée nous rappelle que 269 de nos volontaires ont péris au front et 1 350 sont revenus blessés.

Les derniers survivants s’éteignent et ils ne doivent pas s’effacer de notre mémoire collective.

En effet, les jeunes générations ont très peu entendu parler de cette page glorieuse de nos volontaires français, il faut les informer.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

LES ÉCLAIREURS DU 6 JUIN 1944

Moyennement connu, le plan Sussex est une mission tripartite franco-américano-britannique voulu par l’état-major du général Eisenhower en prévision du Débarquement en Normandie.

Parmi eux, 120 hommes et femmes français de 17 à 26 ans sont recrutés pour exécuter un plan audacieux qui vise à parachuter dès le début février 1944 et jusqu’à la libération complète de la France des équipes de deux agents en civil (un observateur et un radio) derrière les lignes ennemies.

Leur mission : s’infiltrer et renseigner 24 h sur 24 h l’état-major allié sur l’ordre de bataille allemand.

Après une longue et difficile préparation ils sont parachutés en diverses régions au péril de leur vie. Ils sont toujours en tenues civiles afin de pouvoir passer inaperçus.

Parmi les femmes, Évelyne Clopet (née le 14 février 1922 à Pornic , exécutée le 10 août 1944 à Saint-Ouen (Loir-et-Cher) fut parachutée et arrêtée par les Allemands après quelques missions de renseignement, elle fut torturée, puis fusillée avec ses 4 camarades.

Ils étaient toutes et tous des précurseurs du service de renseignement actuel.

Pour plus d’information sur cette opération spéciale nous vous indiquons le livre de Dominique Soulier, Le Plan Sussex, guerre secrète en France occupée, Histoire et Collections, 26 novembre 2013.

Par ailleurs nous vous précisons que la Collection Sussex, dédiée à tous les hommes et les femmes qui ont participé aux opérations du Plan Sussex, est visible au musée MM Park France, situé à La Wantzenau, près de Strasbourg. Ce lieu est annuellement visité par plus de 30.000 personnes.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien.

LES CADETS DE LA FRANCE LIBRE

Nous vous engageons vivement à consulter le site de la Fondation de la France Libre (france-libre.net) pour son excellent article concernant ces valeureux jeunes soldats. De nombreuses publications vous seront également indiquées et vous pourrez consulter et lire de nombreux articles illustrant ces jeunes français partis en Angleterre pour nous libérer de l’oppresseur.

Ils avaient entre 14/15 et 18 ans, le courage n’attendant pas le nombre des années.

Vous pouvez également avoir de nombreuses informations sur le sujet en consultant le site de la Fondation Charles de Gaulle et son éditorial de la lettre N° 52 du 14 JUILLET 2023.

Notre association nationale diffusent leurs mémoires auprès de nos jeunes générations, ce sont pour elles des exemples à suivre.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

LE TOURISME DE MEMOIRE

Depuis plusieurs années ce mode de tourisme se développe même à l’international.

Dans le N°283 des Chemins de la Mémoire, M. Sylvain Mattiucci Directeur de la mémoire, de la culture et des archives (DMCA) nous dit :

« Derrière la notion de tourisme international de mémoire, transparaît par ailleurs celle de mémoire partagée…créant ainsi pleinement la création de ponts entre les peuples et une meilleure compréhension entre eux « 

En effet la période des deux grandes guerres ayant de moins en moins de témoins, les touristes se joignent aux pèlerins. La DMCA assure l’entretien, la gestion et la valorisation de grands nombres de sites mémoriels à savoir :

  • 10 hauts-lieux de la mémoire nationale (voir notre précédent article sur ce sujet)
  • 290 nécropoles nationales
  • 2 170 carrés militaires communaux
  • 47 carrés militaires ultramarins
  • Encore 1.000 lieux de sépultures répartis dans 80 pays étranger
  • 18 musées.

Mémoire partagée : Elle peut se comprendre par la volonté de partager nos avis sur des faits historiques. Ce tourisme mémoriel, selon Maurice Hertzog serait « la fonction pacificatrice du tourisme de mémoire ».

Actuellement plus de 700 lieux touristiques de mémoire se trouvent répartis sur le continent européen. Par exemple :

  • BITOLA (Italie) accueille les sépultures de plus de 6 000 soldats français de l’armée d’Orient tombés en Macédoine.
  • YPRES (Belgique) le musée In Flanders Fields rend hommage aux soldats tombés en 14/18 en Flandre-Occidentale.
  • La route de la libération de l’Europe : sentier pédestre de 10 000 kms relie les principales régions parcourues par les troupes alliés en 39/45. Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, République Tchèque, Royaume-Uni.

Il est donc possible pour chacune et chacun d’entre nous de faire des choix parmi ces pèlerinages mémoriels. C’est à vous d’en décider afin que la MÉMOIRE perdure le plus longtemps possible.

Nous remercions Les Chemins de Mémoire pour nous avoir permis de publier cet article.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

LES FUSILLES DE BALARD

Le stand de tir de Balard, situé dans le 15e arrondissement de Paris a été pendant la Seconde Guerre mondiale un lieu de torture et d’assassinat perpétrés par les nazis.

Ce lieu a disparu dans les années 1960 et une plaque commémorative (ci-dessus) comportant les noms des 143 fusillés a été apposée avenue de la Porte-de-Sèvres, exactement là où était placé le stand.

Ce lieu d’exécution a été « découvert » à la Libération de Paris par le commissaire de police Henri Danty et le photographe Roger Schall. Ils y ont découvert l’horreur dont :

  • 3 poteaux d’exécution criblés de balles
    • Un mur recouvert d’amiante qui portait des centaines de traces de mains 
      • Des cercueils contenant chacun plusieurs corps

Le premier massacre eut lieu le 6 juillet 1942. Selon les actes des décès déposés au service de l’état civil de Paris 15e, 143 personnes ont été torturées et fusillés, parmi lesquelles :

  • Cinq élèves du lycée Buffon.

Nous nous devons de faire perdurer la mémoire de ses nombreuses victimes moins connues que celles du Mont-Valérien.

De nombreux ouvrages en parle et on trouve également de nombreuses informations sur les sites internet en particulier celui du Souvenir Français des Hauts-de-Seine que nous remercions pour la photo du stand ci-dessus publiée.

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien

Jean Colonna d’Ornano

Né le 5 avril 1895 à Alger et mort le 11 janvier 1941 à Mourzouq, militaire français, compagnon de la Libération.

Il se distingua au cours de la première guerre mondiale (deux citations 1916/1917 et de nouveau deux citations en 1918) puis il adhère sans hésiter au Général de Gaulle.

Il appuie, en août 1940, le ralliement du Tchad à la France libre par le gouverneur Félix Éboué et, en janvier 1941 accomplit sous les ordres du colonel Leclerc un raid, à la tête de neuf hommes du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, qui le mena jusqu’à Mourzouq où il est mortellement blessé durant le combat.

Une rue de Paris (75015) porte son nom. Il repose maintenant dans une chapelle familiale à Ajaccio.

Remarquable officier, méhari, administrateur, sa brillante carrière militaire mérite d’être mieux connue grâce en particulier aux informations détaillées du site Wikipédia que nous remercions.

Ses décorations :

Patrick Ourceyre Mémoires du Mont-Valérien