KOUFRA

« Koufra, la victoire dans les sables libyens », par Philippe Goulliaud

C’est un coup d’éclat, voire un coup de bluff, qui s’est conclu par une victoire éclatante, la première remportée par la France Libre sur les alliés d’Adolf Hitler. Le 1er mars 1941, les hommes du colonel Leclerc s’emparent du Fort de Koufra, point stratégique dans le désert libyen, tenu par les troupes italiennes de Mussolini. De quoi redonner le moral à ceux qui, autour du général de Gaulle, ne se résignent pas à la défaite de 1940 et à la collaboration avec les Nazis.

Philippe de Hauteclocque fait partie de ceux-là. Animé par son amour de la Patrie et sa foi catholique, il rejoint Charles de Gaulle à Londres dès le 25 juillet 1940. Il a choisi Leclerc comme nom de guerre afin de protéger sa famille. Le 2 décembre suivant, il arrive au Tchad comme commandant militaire de ce territoire de l’Afrique équatoriale française qui, derrière son gouverneur, le Guyanais Félix Eboué, a, le premier, rallié la France Libre. A Fort-Lamy, aujourd’hui N’Djamena, Leclerc conçoit une entreprise audacieuse comme lui-même sait l’être : la conquête du Fezzan, vaste région désertique libyenne tenue par les Italiens, avec comme premier objectif l’oasis de Koufra, poste méridional le plus avancé de l’alliance entre l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler et l’Italie fasciste de Benito Mussolini.

Nous remrcions viviement la communauté francophone du wargame Bolt Action

La route à travers le désert est longue et difficile. Mais la colonne Leclerc, préfiguration de la Deuxième Division blindée, la glorieuse 2e DB, compense par sa détermination et son courage. C’est une armée sous-équipée en matériel. Peu nombreuse, elle est composée d’Européens, de Méharistes, les unités sahariennes françaises, et de Tirailleurs sénégalais, essentiellement des Camerounais et des Tchadiens. Ces hommes sont portés par la foi en la victoire et conduits par un chef respecté de tous et doté d’une volonté inflexible. Pour tromper l’ennemi auquel aucun répit n’est laissé, les véhicules circulent en zig-zags, soulèvent le sable du désert et déplacent sans cesse les armes automatiques pour persuader les Italiens de leur supériorité numérique. L’unique canon « 75 » français bombarde jour et nuit le fort italien afin d’entretenir un sentiment d’insécurité.

Et le 1er mars, au terme d’un long siège, Leclerc obtient, au culot, la reddition des Italiens. Il entre lui-même dans la citadelle au côté des négociateurs italiens venus parlementer avec les Français et impose ses conditions. La capitulation est signée le jour même. C’est une victoire totale et finalement peu meurtrière : les combats ont causé trois morts et quatre blessés côté italien, quatre morts et 21 blessés côté français.

Le lendemain, les couleurs françaises sont levées sur le fort et Leclerc demande à ses troupes ragaillardies par la victoire de prêter un serment entré dans l’Histoire : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. » Leclerc tiendra parole. Après être entré dans Paris à la tête de la 2e DB, le 25 août 1944, il libérera Strasbourg le 23 novembre 1944.

Charles de Gaulle a tout de suite compris la portée symbolique de la prise de Koufra. Il transmet à Leclerc, qu’il fait Compagnon de la Libération, un message de félicitations : « Vous venez de prouver à l’ennemi qu’il n’en a pas fini avec l’armée française. Les glorieuses troupes du Tchad et leur chef sont sur la route de la victoire. Je vous embrasse. »

Dans son Dictionnaire amoureux du Général (Éditions Plon), Denis Tillinac souligne que Koufra procurera à de Gaulle « un réconfort précieux après la tragédie de Mers el-Kébir et la déconvenue de Dakar »« Cette prouesse de légende, bien que mineure sur le plan stratégique, confirmera son jugement sur cet officier qui s’est mis à ses ordres à Londres, maigre comme un chat de gouttière, visage émacié, regard franc comme l’or, tête bandée par une blessure », ajoute Tillinac.

Le chef de la France Libre a toujours eu une estime particulière pour le général Leclerc. À sa mort, dans un accident d’avion lors d’une tournée d’inspection en Algérie, le 28 novembre 1947, le général de Gaulle fait part à sa veuve de son « immense chagrin »« J’aimais votre mari qui ne fut pas seulement le compagnon des pires et des plus grands jours, lui écrit-il, mais aussi l’ami sûr dont jamais aucun sentiment, aucun acte, aucun geste, aucun mot, ne furent marqués même d’une ombre par la médiocrité. »

Nous remercions la Fondation Charles de Gaulle et Monsieur Philippe Goulliaud.

Nous vous invitions à prendre connaissance des Lettre de la Fondation Charles de Gaulle

Cette page vous est proposé par Patrick OURCEYRE Secrétaire général éxécutif de MMV

LA LÉGION

BERET VERT – LA LEGION

Le 10 mars 1831, le roi Louis-Philippe crée la Légion étrangère

Les pionniers de la Légion étrangère de l’Armée de terre française

Écoutez et regarder !

Le chapeau Chinois

À l’origine, elle ne peut combattre qu’en dehors du territoire continental du Royaume de France.

Historique :

1830/1849 la Légion étrangère est stationnée en Algérie où elle participe à la conquête et à la « mise en valeur » du territoire. En 1935 Par ordonnance royale, elle ne fait plus partie de l’Armée française. Le 8 décembre 1838, la reine d’Espagne décrète sa dissolution.

Crimée de 1854 à 1856 – Participation au siège de Sébastopol.

Campagne d’Italie en 1859 Participation aux Batailles de Magenta et Solférino.

Expédition du Mexique de 1863 à 1867. Total des pertes dans l’expédition du Mexique : 22 officiers, 32 sous-officiers et 414 légionnaires. L’aventure française au Mexique tournera au désastre, elle rentre en France.

Guerre franco-prussienne de 1870 Ellese distingue particulièrement pour sa vaillance lors de la bataille d’Orléans.

Tonkin de 1883 à 1945 Deux faits d’armes prises de la citadelle de Son Tay et de la forteresse de Bac Ninh.

Dahomey de 1892 à 1894 Prise d’Aboney la capitale du Roi Behanzin.

Soudan français et Niger 1892-1894 Victoire des légionnaires à la forteresse d’Ouilla

Madagascar 1895-1905 Les opérations de « pacification « durent jusqu’en 1905.

Première Guerre mondiale 1914-1918 En novembre 1915 création du régiment de marche de la Légion Etrangère (RMLE) qui perdra 115 officiers tués. Engagements Artois, Somme et Verdun.

Maroc 1903-1956 Au cours de la conquête du Maroc, elle aura payé un lourd tribut. De 1907 à 1935, entre autres, 83 officiers, 219 sous-officiers et 1 867 légionnaires sont morts au combat.

Syrie 1921-1939 En avril 1920, la Société des Nations attribue à la France le protectorat la Syrie actuelle et le Liban. Les batailles de Messifre, Rachaya et de Soueîda, comptent parmi ses exploits. Au printemps de l’année1930, le bataillon participe à la construction de la route Lattaquié- Antioche et effectue de nombreux travaux dans la région des sources de Casse, près d’El-Mouaf.

Seconde Guerre mondiale 1939-1945 Bataille de Narvik, Bataille de Bir Hakeim, Seconde bataille d’El Alamein, Campagne de Tunisie, Opération Anvil Dragoon et Coup de force japonais de 1945 en Indochine

Guerre d’Indochine 1946-1954 Le total des pertes est de 10 283 « tués au combat » dont : 309 officiers, 1 082 sous-officiers, et 9 092 légionnaires. Elle participe à la bataille de Dien Bhien Phu.

Guerre d’Algérie 1954-1962 En 1962 elle quittera Sidi Bel-Abbés emportant tous ses souvenirs.

Depuis 1962 : Le Tchad, le Zaïre avec le sauvetage de Kolwezi en 1978. 1991 la Guerre du Golfe. 1992 Cambodge et Somalie. 1993 Sarajevo puis 1995 Rwanda, 1996 Centre-Afrique, 1997 Congo Brazzaville. En 2001 Afghanistan. 2002/2003 opération Licorne en Côte d’Ivoire. 2013 Opération Serval au Mali. Depuis 2014 opération Barkhane au Sahel.

Cette unité remarquable de l’armée française est composée de 90% d’étrangers, commandée par des Français. Ils se battent et donnent leur vie au nom de la France sur tous les théâtres d’opérations pour défendre nos valeurs. Nous sommes fiers de ces soldats et de leurs chefs.

FAITES CONNAISSANCE AVEC LES HOMMES DE LA LÉGION ÉTRANGÉRE

Vous êtes chaleureusement invité à découvrir le site Web de la Légion Étrangère

MORTS POUR LA FRANCE AU MALI

R I P

Disparition d’un grand officer général de la Légion

Le général Jean-Pierre JACOB décédé en 2020 était un très grand ami de notre association et un ami personnel du Président Alain FABER.

R I P

RESPECT A VOUS TOUS

Patrick OURCEYRE Secrétaire général exécutif – Rédacteur en chef de  » Infos MMV Siège »

HARKIS

ALGERIE L’ENGAGEMENT POUR LA FRANCE

LES HARKIS

Ils naissent en 1830, lorsque des « tribus » de pays colonisés prêtent allégeance à la France.

Ils sont une classe à part des soldats musulmans de l’armée régulière, qui seront 85 000 en 1960. Au total, durant la guerre, l’armée française recense 160 000 contractuels harkis et un peu plus de 110 000 réguliers. Ils sont toujours rattachés à des unités de l’armée française et commandés par des militaires français. Tous ne sont pas armés : beaucoup travaillent pour l’armée dans des emplois civils, en particulier en tant que maçons ou cuisiniers.

En Mars 2003, Jacques CHIRAC instaure une « Journée nationale d’hommage aux Harkis et aux autres membres des formations supplétives des armées françaises », le 25 septembre de chaque année.

Parmi nos généraux, le Général Meyer, Grand-croix de la Légion d’Honneur, a toujours soutenus et aider ses fidèles harkis. Ils faisaient partie du commando Griffon qu’il avait créé en 1960 pendant la guerre.

Il est un des rares officiers à être rentré avec ces anciens supplétifs de l’armée française et leurs familles. Il parviendra à faire embarquer à Oran 200 harkis avec femmes et enfants et ils débarqueront à Marseille un 14 juillet. Ils se retrouveront plus tard dans les camps du Larzac.

Encore aujourd’hui le Général Meyer continue de se battre pour la reconnaissance  de leur engagement à nos côtés pendant cette guerre d’Algérie. (Voire un article le concernant dans le Figaro Magazine du 19/20 février 2021)

(Pour plus d’information sur ce sujet voire « Harkis « sur Wikipédia)

Patrick OURCEYRE Secrétaire général exécutif Rédacteur en chef de  » Infos MMV Siège »


La tombe de Marcelle Henry, Compagnon de la Libération

Présentation dans le cadre du Partenariat avec le Souvenir Français

La tombe de Marcelle Henry au cimetière de Bagneux est en mauvais état. Le Souvenir Français a décidé de financer sa rénovation. Un simple geste pour une grande résistante.

Marcelle Henry est l’une des six femmes nommées Compagnon de la Libération, par le Général de Gaulle. Peu connue, elle est aujourd’hui oubliée. Son histoire a été reconstituée par Guy Krivopissko dans un article (voir ci-dessous). Arrêtée par la Gestapo en juillet 1944, elle est déportée à Ravensbrück, puis à Buchenwald. Elle est libérée en 1945, mais meurt d’épuisement peu après la Libération. Le Général de Gaulle la reconnait comme Compagnon de la Libération.

En avril 1945, elle est inhumée dans la tombe de Pauline Maréchal Lavedan. Aujourd’hui, la tombe est en état de déshérence, la place sur laquelle figure de nom de Marcelle Henry n’est plus accrochée à la croix qui elle-même menace de s’effondrer.

Pour en savoir plus sur Marcelle Henry et le destin exceptionnel de ces femmes, Compagnon de la Libération : Ouvrage rédigé par Guy Krivopissko, Christine Levisse-touzé, Vladimir Trouplin, Dans l’honneur et par la victoire, les femmes, Compagnon de la Libération, Ed Tallandier.

Patrick OURCEYRE Secrétaire général exécutif Rédacteur en chef de « Infos MMV Siège »

LA JOURNÉE DES FEMMES

Dans le cadre du partenariat avec le Souvenir Français

La parole du Président – Un geste simple pour celles qui ont tout donné à la France

La journée internationale des femmes, également appelée « Journée internationale des droits des femmes en France » est célébrée, chaque année, le 8 mars. 

Officialisée par les Nations Unies en 1977, cette journée a pour but de mettre en avant la lutte pour le droit des femmes et notamment la réduction des inégalités par rapport aux hommes.

Le Souvenir Français qui souhaite accueillir le plus grand nombre de femmes, tant dans ses postes de responsabilités que dans son recrutement a souhaité rendre hommage en ce mois de mars 2021 à deux femmes exceptionnelles.

La première est Marie Sautet à qui Le Souvenir Français consacrera une exposition qui sera inaugurée le 8 mars en son siège national.

Marraine de guerre durant la Première Guerre mondiale, Marie Sautet a consacré avec son mari la totalité de sa fortune afin d’envoyer des colis aux soldats dans les tranchées. De leur maroquinerie à Paris, partaient chaque jour des centaines de colis de tabac, de chocolat, de bonbons, de boites de conserves, de livres, de linge.

Un million de colis seront confectionnés soit l’équivalent de 6 millions de francs (15 millions d’euros valeur 1914). Marie Sautet reçoit en retour 90 000 lettres de filleuls mais elle et son mari sont ruinés. Après le décès de son époux, Marie Sautet finit sa vie dans un hospice pour déshérités.

La seconde est Marcelle Henry. Fonctionnaire au ministère du travail, elle entre dans la Résistance, héberge des évadés, distribue des tracts et œuvre pour les services secrets de la France libre.

Le 4 juillet 1944, elle est arrêtée par la Gestapo. Elle est déportée à Ravensbrück puis dans un Kommando de Buchenwald. Libérée le 9 avril 1945, rapatriée le 14 avril à Paris, elle meurt d’épuisement le 24 avril 1945. Trois jours plus tard, le général de Gaulle la reconnait comme Compagnon de la Libération.

En rendant hommage à ces deux femmes, nous avons souhaité souligner leur formidable engagement. L’une comme l’autre ont tout donné à la France, l’une comme l’autre ont terminé leur vie dans le dénuement.

Leurs tombes, celle de Marie Sautet au cimetière du Père Lachaise, et celle de Marcelle Henry au cimetière de Bagneux sont aujourd’hui oubliées.

Le Souvenir Français a décidé de les placer sous sa veille mémorielle. Un geste bien faible pour rendre hommage à ces deux femmes mais une manière de mettre en avant le rôle des femmes tant en 1914-1918 que dans la Résistance comme le soulignait, pour ce dernier engagement, l’historien Henri Noguères.

« Il en fut des femmes dans la Résistance comme il en est, quotidiennement, des femmes dans la vie. Elles y ont fait toutes ces choses qu’elles seules pouvaient faire, ou qu’elles pouvaient faire en tout cas, indiscutablement mieux que les hommes. Elles y ont fait aussi, et tout aussi bien que les hommes, tout ce que les hommes faisaient ».

En cette journée du 8 mars, rappelons-nous que l’égalité passe aussi par la mémoire.

Légende de la photo : Marie Sautet, marraine des poilus

Serge BARCELLINI
Contrôleur Général des Armées (2s)
Président Général de l’association « Le Souvenir Français »

Patrick OURCEYRE Secrétaire général éxécutif Rédacteur en chef de « Infos MMV Siège »

Promouvoir les OPEX

Le monument aux morts pour la France en opérations extérieures

Notre association nationale essentiellement créée pour transmettre la mémoire vers les jeunes générations ne se limite pas seulement au rappel des sacrifices des civils et militaires liés à la deuxième guerre mondiale.

En effet, depuis cette époque les conflits dans le monde n’ont pas cessé. De nombreuses opérations extérieures ont eu lieu :   De 1905 à 1962 l’Indochine, le Maroc et le Levant puis l’Algérie, le Liban, le Tchad, l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan et aujourd’hui le Mali.

Nos soldats qui en sont les victimes, engagés depuis 1963, se comptent au nombre de 549 Morts pour la France ainsi que de nombreux blessés sur les 17 théâtres d’opérations extérieures.

A chacune des cérémonies rendues en leur hommage par la Nation aux Invalides, nous avons toujours été présents pour exprimer notre reconnaissance à leur sacrifice et les saluer à leur passage sur le Pont Alexandre III.

Nous espérons que les circonstances nous permettront prochainement d’avoir la possibilité de venir nous recueillir devant leur Monument aux morts au Parc André Citroën afin de leur témoigner notre gratitude pour la valeur de leur engagement.

Lors de nos cérémonies annuelles en Octobre au Mémorial de la France Combattante au Mont -Valérien nous associons régulièrement leurs porte-drapeaux qui nous sont toujours très fidèles.

Patrick OURCEYRE

Secrétaire général éxécutif

Patrick OURCEYRE

La Résistance Italienne

Il s’agit des  activités de groupes qui se sont opposés aux forces d’occupation allemandes et au régime fasciste italien pendant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale

Ce mouvement représente l’ensemble des mouvements politiques et militaires composés essentiellement d’Italiens de tout âge, sexe, opinion politique et classe sociale. Par la suite de nombreux étrangers de toutes nationalités figureront également parmi eux.

En 1943 après la dure bataille de Piombino de nombreux marins, soldats et citoyens qui ont combattu se sont retirés dans les bois environnants formant ainsi les premiers partisans de la région.

Par la suite de nombreuses autres formations seront crées par des soldats d’unités dissoutes de l’Armée royale italienne et seront dirigées par des officiers subalternes qui avaient décidé de résister à l’occupation allemande.

Beaucoup de petits groupes de résistants s’étant petit à petit constitués, leurs relations deviendront parfois problématiques. La taille des unités variait en fonction de la logistique et de la capacité en armement. Les groupes en général comportaient de 40 à 50 combattants qui tendaient des embuscades et harcelaient les nazis et leurs alliés. Durant cette période, les femmes jouèrent principalement le rôle de « relais » pour passer les ordres et les consignes. Une autre tâche de la résistance était d’aider les prisonniers de guerre en fuite afin d’atteindre les lignes alliées ou la Suisse en utilisant les chemins des contrebandiers.

En Italie depuis 1949, le 25 avril est officiellement célébré comme « Jour de la Libération », également connu sous le nom « Anniversaire de la Résistance »

Pour plus d’informations voire le site Wikipédia « La résistance en Italie durant la seconde guerre mondiale »

Patrick OURCEYRE

p.ourceyre@anmmv.eu

« La Mal Coiffée » de Moulins-sur-Allier : prison allemande en 1940

La Mal Coiffée désigne l’ancien donjon du château des Ducs de Bourbons et date du XIVe siècle.

Le 19 juin 1940, les Allemands conduisent à la prison, à toute heure du jour et de la nuit, les Français qu’ils arrêtent, ainsi que les soldats allemands coupables de diverses infractions.

A partir du 22 janvier 1943, la prison devient une prison militaire exclusivement allemande, sous la direction du Docteur Maas. La Mal Coiffée devient alors le fief de la Gestapo, en même temps que celui de la Feldgendarmerie et de l’armée, avec son cortège d’interrogatoires « musclés », ses tortures et ses régimes d’exception.

Maurice Tinland

Sa profession – avocat – mais il a surtout un passé de Résistant.

Quand la guerre survient, en 1939, il est mobilisé dans l’armée de l’air. Il survole la Belgique, les Pays-Bas, l’ouest de l’Allemagne. Ses exploits lui valent de recevoir la Croix de guerre

Le 28 janvier, il est arrêté en tant que chef des M.U.R. (Mouvements Unis de la Résistance) de l’arrondissement. Lors de son premier interrogatoire il a reçu sur son torse nu 250 coups de trique (corde à nœuds). Après une semaine de cachot, il remonte pour un second interrogatoire. Cette fois ils sont cinq pour le battre avec un nerf de bœuf sur tout le corps, sur le ventre. Il perd connaissance.

Au bout de deux jours, sentant qu’il s’en tirera, les Allemands le redescendent au mitard, où il restera dix semaines, dix interminables semaines de tortures physiques et morales, dix semaines sans boire. Et pendant ces dix terribles semaines, quand ce n’est pas lui qui est torturé ou battu, il entendra torturer les autres. Il resta muet et encaissa les coups de poing, de pied, de trique, les écrasements… Il en gardera des séquelles.

Il sera finalement libéré le 24 août 1944. Il aura 32 ans quand il sera élu maire de Moulins en 1947.

Patrick OURCEYRE

L’allier entre résistance et occupation

Voir la bande annonce

Situé au centre de la France, le département de l’Allier se trouve également au centre de la résistance et de la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale. A l’image de la France, l’Allier est coupé en deux : la ligne de démarcation entre zone libre et zone occupée traverse le département. 

La Résistance se met en place dans le département. De grandes figures émergent, à l’image de Jean Zay, Marx Dormoy, Georges Rougeron ou encore Maurice Tinland

Le documentaire proposé par Thierry Martin-Douyat propose de revenir sur la position particulière de l’Allier où la Résistance a également su se faire une place, et de mettre la lumière sur celles et ceux qui ont rendu cette résistance possible.

Pour plus d’informations : Thierry Martin-Douyat, 06 07 83 36 59

Patrick OURCEYRE

Mise en scène d’une continuité mémorielle et nationale de 1870 à 1945 par le Souvenir Français

Rédactrice : Philomène BONHOMME

Le Mont-Valérien, lieu d’exécution de 1008 personnes par l’armée allemande entre 1941 et 1944, est l’un des principaux lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Ce site devient dès les premières années d’après-guerre le théâtre d’un affrontement mémoriel. Ce combat, qui oppose gaullistes et communistes, les deux partis politiques les plus puissants d’après-guerre, prend forme principalement par la volonté de chacun des deux partis d’ériger un monument mettant en scène sa propre mémoire. Les différents groupes d’anciens résistants cherchent à affirmer la supériorité de leur combat contre l’adversaire politique.

Plusieurs projets naissent alors au Mont-Valérien. Le premier est celui qui nous intéresse ici. Il remonte à l’Occupation. Il s’agit du Parvis de la France imaginé par Jean Rey en 1942, architecte, résistant catholique et gaulliste. Il souhaite rendre hommage aux victimes et aux héros militaires dès cette époque, soit un an après l’exécution d’Honoré d’Estienne d’Orves au Mont-Valérien, officier de marine français, ayant rejoint dès septembre 1940 Charles de Gaulle à Londres. Il est fusillé dans la clairière du fort le 29 août 1941.

Même si on ne trouve trace dans les archives de ce projet, celui-ci est mentionné dans la monographie du Mont-Valérien de Michel Guillot. Jean Rey, fervent catholique, souhaite, pour honorer les victimes de la Résistance française, réaliser un ensemble gigantesque de monuments patriotiques et religieux à la mémoire de tous les héros et victimes de la guerre. Cependant, le départ de Charles de Gaulle du gouvernement provisoire en janvier 1946, suivi de la mort de l’architecte la même année, met un terme à ce premier projet proposé pour le Mont-Valérien. Un ensemble de trois grandes croix latines en bois est toutefois posé, placé au sommet de la butte des cendres, à proximité du fort, à l’initiative de l’association « Parvis de la France », très catholique et patronnée par la veuve d’Estienne d’Orves et celle de Charles Péguy. Elles font référence aux trois croix placées au sommet de la colline du Mont-Valérien au XVIIe siècle sous le règne de Louis XIV, rappelant ainsi le calvaire du Christ sur le Golgotha entouré des deux malfaiteurs crucifiés avec lui. Mais ce chiffre trois fait également référence aux trois grandes guerres franco-allemandes – la guerre de 1870, la Grande Guerre et bien entendu la Seconde Guerre mondiale – unissant ainsi le sacrifice des martyrs morts pour la France durant ces combats. Créant par là une continuité mémorielle, ce triptyque met en scène une sorte de « guerre de 75 ans ». De part cette vision, qui rejoint peu ou prou celle d’une guerre de 30 ans (1914-1945) théorisée par Charles de Gaulle, la Guerre de 1870 ne prend véritablement fin qu’en 1945, avec la victoire de la France.

Le 6 juin 1949, quatorze autres croix portant la date de l’une des années de guerre franco-allemande depuis 1870 sont ajoutées renforçant cette idée d’unité mémorielle et nationale. Cet ensemble finit par être détruit dans les années 1970, ne présentant pas suffisamment la vision militaire et unitaire voulue par le général, qui ne souhaite pas que seule la notion de sacrifice ou de martyr soit mise en avant dans le futur mémorial.

Recommandé par Patrick OURCEYRE